Comment protéger un déploiement contre la copie ?
En faisant en sorte que détenir une copie ne serve à rien. Le verrouillage et les mots de passe protègent un tag contre la modification et ne touchent pas à la duplication, confusion à l'origine de la plupart des déploiements déçus. Ce qui fonctionne, c'est une puce qui se prouve, ou un système qui cesse de se fier au seul tag.
Ce qui ne fonctionne pas
Le verrouillage. Il empêche la réécriture du tag et n'a aucune incidence sur sa lecture, et copier consiste à lire puis à écrire sur un autre tag.
Un mot de passe posé sur l'écriture, pour la même raison.
L'obscurité du contenu. Encoder la charge utile pour qu'elle paraisse incompréhensible se copie tout aussi parfaitement, puisque la copie n'a pas besoin de la comprendre.
Un numéro de série écrit dans le contenu. Quiconque peut le lire peut l'écrire, et une copie le reporte fidèlement.
Chacune de ces mesures est vendue, ici ou là, comme une protection contre la copie. Aucune n'en est une, et un déploiement bâti sur l'une d'elles s'en apercevra tard.
La protection au niveau de la puce
La catégorie qui fonctionne est celle d'une puce qui prouve quelque chose au lieu de l'énoncer : elle détient une clé, la clé ne sort jamais, et elle répond à un défi d'une façon qui ne se rejoue pas.
Une famille voisine et moins chère produit une valeur qui change à chaque lecture, si bien qu'une réponse captée est périmée avant d'avoir pu servir.
Les familles disponibles, leurs noms et le coût unitaire de chacune relèvent des fiches techniques des puces, tenues par les fabricants plutôt que recopiées ici.
Le coût n'est pas seulement la puce. Vérifier ce que la puce produit réclame de votre côté quelque chose qui détienne le secret correspondant, et c'est cette infrastructure qui surprend.
La protection au niveau du système
Souvent plus rentable, et toujours à envisager d'abord : arranger les choses pour qu'une copie ne rapporte rien, même faite.
Lier le tag à autre chose. Un tag qui n'a de sens qu'accompagné d'une identification, d'un lieu, d'une plage horaire ou d'un scellé physique est un tag dont la copie est inerte.
Employer le tag comme un signal plutôt que comme la décision. Un système qui remarque le même identifiant apparaissant à deux endroits en une minute a attrapé quelque chose qu'aucune fonction de puce n'aurait empêché.
Et réduire ce que l'on confie au tag, ce qui est gratuit.
Choisir entre les deux
Partir de ce qu'une copie rapporterait, puisque c'est ce qui détermine le budget. Une copie qui rapporte une page publique ne justifie rien.
Là où la protection se justifie, chiffrer l'ensemble du montage plutôt que la puce : les puces, l'infrastructure de vérification, et le travail d'exploitation que représente la gestion des clés sur la durée de vie du déploiement.
Comparer cela à une mesure côté système qui obtiendrait peut-être le même résultat avec des tags achetables partout.
Et se méfier d'un fournisseur qui répond « ne peut pas être cloné » sans dire quelle partie ne le peut pas. Le contenu, lui, le peut toujours.
Questions fréquentes
Le verrouillage protège-t-il de la copie ?
Non. Le verrouillage empêche l'altération. Copier consiste à lire, et lire est ce qu'un tag est fait pour permettre.
Chiffrer le contenu aide-t-il ?
Non. Une copie reproduit les octets fidèlement et n'a pas besoin de les comprendre.
Qu'est-ce qui fonctionne réellement ?
Une puce qui prouve la connaissance d'une clé sans la divulguer, ou un système arrangé pour qu'une copie ne rapporte rien.
Combien cela coûte-t-il ?
Plus que la puce. La vérification réclame une infrastructure détenant le secret correspondant, et c'est la part que l'on sous-estime.